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FAITS DIVERS - ADMINISTRATION

On peut laisser la rubrique « faits divers » à son sort, mineur. On peut aussi, lorsque les indices de dysfonctionnement de l'Etat s'accumulent, y trouver les prémices d'un problème majeur. Ces derniers jours, on a d'abord appris qu'une jeune femme d'origine béninoise faisait l'objet d'une procédure d'expulsion car son mari, français, venait de décéder d'un cancer. Son veuvage faisait disparaître, si l'on ose dire, le fondement juridique de sa présence en France. Ce n'est que devant le scandale public provoqué par un tel manque d'humanité que l'administration a rapporté sa décision d'expulsion. On a appris ensuite qu'un jeune homme de dix-neuf ans, récemment incarcéré pour de menus larcins, a été retrouvé mort dans sa cellule de la prison de Valence, qu'il partageait avec un détenu particulièrement violent et alors que sa famille avait alerté les surveillants sur des signes inquiétants de maltraitance. On a appris enfin qu'un jeune Malien de vingt-neuf ans, poursuivi par la police parce qu'il n'avait pas de papiers, s'était jeté dans la Marne près du pont de Joinville et s'était noyé.

On peut être favorable à une politique de rigueur à l'égard des délinquants et de fermeté à l'égard de la présence irrégulière d'étrangers sur le territoire français. Mais rien ne justifie qu'une politique conduise à de tels drames humains. On objectera peut-être que ce sont des faits isolés et qu'ils ne sont pas représentatifs. Mais le hasard est têtu car ces graves incidents surviennent au moment même où paraît le rapport annuel de la Commission nationale de déontologie de la sécurité. Cette autorité administrative indépendante mène des enquêtes sérieuses sur les « bavures » dont elle est saisie. A lire les défaillances qu'elle relève, on comprend que le défaut de surveillance ou d'assistance qui a rendu possible la mort du jeune détenu de Valence n'est nullement un accident isolé. De tels drames sont issus de la conjonction d'un manque criant de moyens et de la négligence, quand ce n'est pas le mépris, de certains fonctionnaires à l'égard des droits élémentaires de la personne. La CNDS relève aussi les nombreux cas où, sans qu'il y ait mort d'homme, le comportement des forces de sécurité est délibérément humiliant. On se souvient de la garde à vue, l'an dernier, du patron de Total, dans le cadre de l'affaire pétrole contre nourriture en Irak. Christophe de Margerie avait dû subir un menottage parfaitement contraire aux prescriptions de l'article 803 du Code de procédure pénale, qui ne prévoit cette mesure qu'en cas de risque de fuite ou de violence physique. L'humiliation volontaire est encore plus grave lorsqu'il s'agit de la pratique de la fouille au corps, dont la commission donne plusieurs exemples abusifs
Ces faits ne sont divers que par la variété des situations en cause. Mais ils sont, hélas, très cohérents dans leur signification globale. Il s'agit d'un déni de dignité qui rejaillit sur le visage de la France.publié par les échos
DEPENSES ET OUTRANCES.
du blog :
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Chaque jour apporte et déverse ses tombereaux d'injustice, de bêtise, de xénophobie, de haine, de violence ou de crimes au coeur de nos demeures, nous plongeant dans un océan de perplexité.
Chaque jour d'irréductibles imbéciles commettent les pires actes aux noms d'une idéologie, d'une prétendue philosophie ou d'une gratuité crasse, certains se réjouissant à les commenter de propos de café du commerce qui n'ont que la hauteur de la bassesse de leurs idées, comme par exemple ces profanations de tombes des derniers jours. Si certains ne respectent pas un mort, comment s'étonner que d'autres ne respectent pas la vie?
Chaque jour de prétentieux censeurs, au nom de lois iniques, font peser sur leurs frères, ces frères qui ne sont que des Hommes aussi semblables à nous comme à eux, la toute puissance de cette domination qu'ils se sont octroyée. Et les mêmes, toujours les mêmes, se félicitent et se congratulent d'être en harmonie avec ces pitoyables censeurs.
Mais quand donc s'arrêteront toutes ces outrances? Quand donc cessera-t-on de voir en l'autre, cet étranger, cet ennemi, ce voleur venant empiéter par sa présence nos dérisoires lopins de terre, perturber nos vies mesquines et nos pensées étroites?
Pas un jour sans l'annonce d'une rétention injuste, d'une expulsion dramatique ou de la mort d'un sans papiers, comme Baba Traoré venu en France donner un rein à sa soeur, dont le titre de séjour était périmé de quelques mois, et qui sauta dans la Marne pour y mourir. Sauta-t-il ou l'y poussa-t-on? Cette question reste en suspens depuis que sa famille émit quelques doutes. Et je pourrais citer d'autres excès, comme ce jeune Albanais de 18 ans, Fatmir Fertuna, gravement malade, en rétention depuis le 11 mars alors que sa demande d'asile est en cours et que le médecin inspecteur affirme qu'une prise en charge est nécessaire. Et ceux qui se suicident pour ne pas repartir vers des lieux où ils souffrirent. Et tant d'autres dont nous ne savons rien.
Ils sont environ 400.000 en France à vivre dans la peur que des hommes en bleu, un jour, les arrêtent. Peut-on raisonnablement penser que ce nombre d'hommes, de femmes, d'enfants est la cause de nos problèmes? Peut-on sans honte dire qu'il met en faillite notre système? Peut-on sans vergogne affirmer que ces hommes, ces femmes , ces enfants mangent notre pain? Combien en revanche coûte à la collectivité la débauche de moyens mise en oeuvre pour les traquer, les retenir, les juger et les chasser? Qui un jour aura la pertinence d'effectuer ce calcul, afin de montrer qu'il serait plus utile de les intégrer, ou tout au moins les laisser en paix dans la patrie des droits de l'homme? Les petits boulots qu'ils font pour survivre, qui les feraient à leur place? Vous sans doute qui applaudissez à ces quotas monstrueux sans plus réfléchir que le lavabo où vous lavez vos mains sans pudeur?
Ce temps a trop duré de nous leurrer de sornettes. Qui peut encore croire à la sincérité de vos actes quand on affiche le plus profond mépris vis à vis de tout un peuple en lui infligeant, au prétexte d'économies, la perspective d'une rigueur alors que par ailleurs des dépenses somptuaires, mais inutiles, nécessitent des rallonges budgétaires mensuelles qui à elles seules permettraient à plusieurs familles de vivre une année?
Quand vous cesserez d'être indignes, alors pourrons-nous vous respecter.
Note: Ce matin un père de famille Turc, vivant en France, installé près de Bordeaux, mis en rétention, en grève de la faim depuis 13 jours, risque l'expulsion en catimini bien que convoqué devant le JLP à 14H.