JE NE DIRAI PLUS SON NOM MAIS NS .............ce n'est pas mon président donc NS , sera désormais ma définition envers ce monarque,
NS contre l'explication sociologique
Le 29 novembre, à son retour de Chine, N S commente les violences urbaines. Contre l¹interprétation sociale, ou sociologique,
il veut imposer une grille de lecture strictement policière :
« Ce qui s¹est passé à Villiers-le-Bel n¹a rien à voir avec une crise sociale, ça a tout à voir avec la voyoucratie » il parle même de « trafiquants », comme en 2005 il avait lancé des accusations sans fondements.
Fadela Amara ne dit pas autre chose : « Ce qui s¹est passé, ce n¹est pas une crise sociale. » La secrétaire d¹Etat à la Ville justifie ainsi le silence qu¹elle a gardé pendant les événements : « Ce qui s¹est passé à Villiers-le-Bel, après la mort dramatique des deux adolescents, relève d¹abord de l¹ordre public et non pas de la politique de la ville. » Les violences urbaines seraient vraiment violentes, mais pas vraiment urbaines.
En fait, N S préfère une autre explication « sociologique » : « Il y a le malaise social, il y a une immigration qui pendant des années n¹a pas été maîtrisée, des ghettos qui ont été créés, des personnes qui ne se sont pas intégrées. » C¹est donc l¹occasion de justifier une fois de plus « la politique d¹immigration choisie ». L¹essentiel, c¹est que la grille de lecture dispense de prendre des mesures « sociales » : « La réponse aux émeutes, c¹est pas plus d¹argent encore sur le dos du contribuable. » En revanche, « la réponse aux émeutes, c¹est l¹arrestation des émeutiers ».
Pour retrouver les coupables, « mettez les moyens que vous voulez », déclare-t-il aux policiers (y compris, on l¹a vu, des récompenses financières aux « témoins »).
A l¹inverse, le porte-parole du gouvernement prévient déjà des limites du plan sur les banlieues que Fadela Amara annoncera en janvier : « Le but n¹est pas de déverser une fois de plus des milliards. » Et d¹ajouter : « On n¹est pas là pour refaire un énième plan ciblé sur la pierre. » Pour les banlieues, on a déjà donné. Le président de la République le dit moins crûment : « Après tout ce qui a été fait et bien fait sur les bâtiments, on va investir sur les gens. »
C¹est la rupture revendiquée par N S. En novembre 2005, son prédécesseur se faisait au contraire sociologue pour expliquer les violences dans les banlieues : « Certains territoires cumulent trop de handicaps, trop de difficultés. Des territoires où des enfants sont déscolarisés, où trop de jeunes peinent à trouver un emploi, même lorsqu¹ils ont réussi leurs études. Aux racines des événements que nous venons de vivre, il y a évidemment cette situation. » Comme en mai 2005, lors de l¹installation de la Halde, Jacques Chirac dénonçait « ce poison pour la société que sont les discriminations » : « je veux dire aux enfants des quartiers difficiles, quelles que soient leurs origines, qu¹ils sont tous les filles et les fils de la République. » On mesure le chemin parcouru, quand on entend Fadela Amara déclarer aujourd¹hui : « Ce n¹est pas parce qu¹on est pauvre, exclu, discriminé, que l¹on peut tout saccager. » Sur la fracture sociale et raciale, il n¹y aurait plus qu¹une chose à dire : ce n¹est pas une excuse.
En effet, le président ne veut voir que des victimes et des coupables : il n¹y a plus de place pour l¹explication.
Aussi, dans son tribunal permanent de la sécurité intérieure, la sociologie sonne-t-elle comme une dangereuse excuse.
« Je réfute toute forme d¹angélisme qui vise à trouver en chaque délinquant une victime de la société, en chaque émeutier un problème social. »
Il se fait donc menaçant : « Quand on veut expliquer l¹inexplicable, c¹est qu¹on s¹apprête à excuser l¹inexcusable. » La formule a une histoire. NS l¹employait déjà le 16 décembre 2004 en Israël, à propos de l¹antisémitisme, et il la reprend le 7 novembre 2007 à Washington, devant l¹American Jewish Committee : « Je suis prêt à répéter cette phrase autant de fois qu¹il le faut. » Et d¹expliquer : « Les analyses intellectuelles pour expliquer les différentes façons d¹arriver à l¹antisémitisme ne sont que des formes de complicité indirecte. » Bref, « trop d¹intelligence en la matière conduit à une forme de complicité ». Sans même parler de l¹écho entre antisémitisme et banlieues, le message est clair. Une fois encore, le président prétend contrôler l¹interprétation des faits sociaux.
L¹enjeu, ce ne sont donc pas seulement les sciences sociales ; c¹est la société elle-même.
Eric Fassin, sociologue, Ecole normale supérieur, chercheur à l'Iris (CNRS/EHESS)
commentaire personnel
En lisant cela et en l'analysant il ya de quoi prendre peur . La grille de lecture imposée par la varotte celle que l'on mets devant le nez de l'âne.
Que des victimes et des coupables , rien pour l'explication , je suis le maître.
La sociologie sonne comme une dangereuse excuse .
Vraiment quoi à prendre peur car cela engendre un certain retour vers un passé que nos anciens ont combattus , ça me pose la question sur la lecture de la letttre de Guy Mocquet , et me pose la question que cache ce buisson épineux?
fin du commentaire personnel
Peut être un loup de la xénophobie ............!
Depuis les années 1980, on nous explique qu’une politique restrictive en matière d’immigration serait la condition de « l’intégration ». L’avantage de cette logique rhétorique, c’est qu’elle ne saurait être démentie par les faits : au contraire, plus on s’inquiète des ratés de « l’intégration », plus on durcit la politique d’immigration – et inversement. Le ministre de l’Identité nationale est ainsi celui de l’Immigration et de l’Intégration. Dans Le Parisien du 15 janvier, Brice Hortefeux reprend donc la formule magique : « Si on veut réussir l’intégration, il faut maîtriser l’immigration. » Le Parti socialiste ne dit pas autre chose. En plein débat parlementaire sur la loi Hortefeux, Manuel Valls dessinait, le 20 septembre 2007, dans Libération, les contours d’une « politique d’immigration de gauche », revendiquant expulsions et quotas, en partant du même constat navré : « notre modèle d’intégration subit de sérieux revers depuis une trentaine d’années. »
L’élément nouveau, c’est qu’aujourd’hui la « diversité » joue le même rôle que « l’intégration » : tout se passe comme si l’ouverture de la diversité compensait la fermeture en matière d’immigration. On l’a vu dans la composition du gouvernement, avec la mise en avant des minorités visibles, de Rachida Dati à Rama Yade. Fadela Amara a ainsi été appelée à travailler avec Brice Hortefeux, et son mot contre l’amendement ADN (jugé « dégueulasse ») aura suffi à symboliser la « diversité », sans rien changer bien sûr à la position du gouvernement. Aujourd’hui, le président de la République annonce simultanément deux réformes constitutionnelles – l’une, avec Brice Hortefeux, à qui il demande « d’aller jusqu’au bout d’une politique fondée sur des quotas » d’immigration, et l’autre, présidée par Simone Veil, révisant le Préambule de la Constitution, en particulier « pour assurer le respect de la diversité, pour rendre possibles de véritables politiques d’intégration ».
Certes, le Conseil constitutionnel a rappelé récemment que la diversité et l’immigration ne relèvent pas de la même politique. En effet, s’il a censuré, le 15 novembre, l’amendement permettant des statistiques « ethno-raciales » pour lutter contre les discriminations, c’est au motif qu’il n’avait pas sa place dans une loi sur l’immigration : il s’agissait d’un « cavalier » législatif. Mais il y a plus. La xénophobie d’Etat n’est pas seulement distincte d’une politique de la diversité ; elle en sape les fondements. C’est vrai des expulsions. Comment faire du chiffre, sans arrestations au faciès et sans racialiser ceux qu’on veut chasser, comme les Rroms ? C’est vrai également des quotas géographiques : réduire le nombre d’Africains (car c’est bien d’eux qu’il s’agit), n’est-ce pas entrer dans une logique de discrimination raciale ? Et comment imaginer que cela n’aurait pas d’effet sur la manière dont sont considérés dans notre société les Noirs et les Arabes ?
C’est d’autant plus vrai que notre discours politique, non moins que notre pratique policière, continue de confondre les immigrés et leurs descendants, mais également ceux-ci avec les minorités visibles, en oubliant par exemple que les Noirs peuvent aussi être Antillais, quitte à superposer les logiques dans l’expression « issus de la diversité ». Ainsi, à Washington, le 6 novembre, le président déclarait : « L’Amérique que j’aime, c’est celle qui se dote depuis vingt et un ans d’un ministre des Affaires étrangères qui n’est pas américain “canal historique”, pour reprendre la belle expression de Rama [Yade] : Madeleine Albright, Colin Powell, Mme Rice. » Pour lui, Condoleezza Rice n’est donc pas une Américaine « de souche », puisqu’elle est noire. Les médias français ont à peine relevé la gaffe : le sens commun du président est largement partagé – y compris à gauche. Dans la tribune déjà citée, Manuel Valls s’attachait à compenser la fermeté de sa politique d’immigration : « fidèle à son idéal de solidarité, la gauche doit améliorer sensiblement les conditions d’accueil des populations d’origine immigrée. » Là encore, qui s’étonne qu’on parle d’accueil, comme pour des étrangers, alors qu’il s’agit de Français « d’origine immigrée » ? Loin d’être complémentaires, xénophobie institutionnalisée et lutte contre les discriminations sont contradictoires. Ce n’est pas seulement le mariage de la carpe et du lapin ; ce sont les noces du loup et de l’agneau. É.F.
Eric Fassin : sociologue, Ecole normale supérieure, chercheur à l'Iris (CNRS/EHESS)
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